Tests de personnalité en entreprise : pourquoi l’Equité est une meilleure stratégie de management.
Aujourd’hui, la grande mode en entreprise, c’est le test de
personnalité.
Sous toutes ses formes : le collaborateur devient “bleu”, “jaune”,
“aventurier”, “négociateur”... après avoir coché un certain nombre de cases.
L’objectif affiché ? Mieux comprendre l’autre pour
mieux le manager.
Et donc, assigner des profils-types à des comportements-type.
Sauf que...
Les neurosciences tirent la sonnette d’alarme
Le risque d'une catégorisation de la complexité humaine.
Ces tests sont massivement contestés par les sciences
cognitives.
Pourquoi ? Parce qu’ils contredisent tout ce qu’on sait aujourd’hui sur
le fonctionnement du cerveau humain et sur la construction des comportements.
Le problème n’est pas que ces tests ne disent rien.
mais qu’ils prétendent dire tout, à partir de grilles simplistes.
🔵 Minutieux. 🔴
Leader. 🟡 Créatif. 🟢 Volubile.
Et nous voilà à réduire la complexité humaine à une
caricature.
Comme si une personnalité pouvait se résumer à une seule couleur Pantone.
Même si les connaissances actuelles tendent à reconnaitre une
sorte de pérennité de certains traits de personnalité, notamment à l’âge adulte,
il n’en reste pas moins que le contexte, les accidents de vie ou les influences
extérieures peuvent jouer un rôle fondamental dans l’évolution de ces traits de
personnalité.
Les tests de personnalité et l'absence de prise en compte de la plasticité des traits de personnalité.
Figé un jour, figé toujours?
L’un des dangers, est là :
Ces outils induisent que la personnalité serait immuable.
Que ce qui a été “révélé” dans un QCM de 80 questions dit tout de l’individu…
pour toujours.
Et pourtant.
On sait tous qu’on ne réagit pas de la même façon à 9h un
lundi en open space… qu’à 20h un jeudi après une semaine de tension et un
projet qui sombre.
Un collaborateur “sécurisé par les procédures” peut très
bien devenir un “créatif autonome”… à condition de ne plus évoluer dans un
environnement anxiogène.
Prédire ou comprendre, deux visions du management.
Quand la prédiction remplace le discernement
Là où ça devient problématique, c’est quand ces catégories
deviennent des outils de décision.
“On va promouvoir Paul, il est profil rouge, c’est un
meneur.”
“Pas sûr que Sophie puisse évoluer, elle est profil vert, elle a besoin
de cadre.”
Décider sur la base d’une case, c’est évacuer la
complexité.
Et accessoirement, faire l’impasse sur l’écoute, l’observation, le bon sens… et
le droit du travail.
La jurisprudence est pourtant claire :
Toute décision impliquant un traitement différencié doit reposer sur des
critères objectifs, mesurables, et portés à la connaissance du collaborateur
en amont.
Se fonder sur un test
de personnalité, aussi tendance ou sophistiqué soit-il,
c’est faire l’économie d’une vraie structuration de sa pensée décisionnelle.
Et au passage :
– porter atteinte aux droits du collaborateur,
– fragiliser juridiquement la décision,
– exposer le manager, les RH, et l’entreprise,
– et entamer la crédibilité managériale.
L’équité refuse les cases. Et assume de ne pas prédire.
Les stratégies de l’équité prennent le contre-pied exact.
➡️ Là où les tests cherchent à
prédire, l’équité cherche à comprendre.
➡️
Là où les grilles classent, l’équité écoute.
➡️
Là où les catégories figent, l’équité accueille l’instabilité comme une
donnée de base.
Pourquoi ?
Parce que les leviers d’engagement, de performance, de protection sont conjoncturels,
mouvants, subjectifs.
Et que prétendre les universaliser est dangereux parce que terriblement tentant.
Trop complexe, l’équité ?
Même pas.
Refuser de tout rentrer dans une case, ce n’est pas complexifier.
C’est refuser de simplifier à outrance.
On peut tout à fait rendre simple sans simplifier.
C’est ce que font les stratégies de l’Equité. Au lieu de
forcer la réalité à rentrer dans une case, elles la laissent s’exprimer pleinement,
et aussi souvent qu’elle le souhaite.
Et ainsi, elle offre un levier de management incroyablement
utile dans l’entreprise actuelle :
✔️ Elle permet de bouger le
curseur de positionnement,
✔️
De remettre en question les idées reçues,
✔️
De corriger des désengagements qu’on croyait définitifs.
En conclusion
Renoncer aux tests de personnalité, ce n’est pas renoncer à
comprendre ses collaborateurs.
C’est refuser de les enfermer.
Et c’est faire le choix de les écouter, ici et maintenant,
dans la complexité de ce qu’ils vivent.
Et donc de les accompagner dans ce qu’il y a de plus mouvant, de plus instable
— et pourtant de plus réel : la plasticité des personnalités et
l’impermanence des situations d’entreprise.
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